
Quatre hommes, Guillaume Seznec, Jean Herriquet, Franklin Biollay, Guillaume Kervarec… Quatre affaires criminelles qui ont attisé le souffle des grandes passions dans le Finistère au xxe siècle… et qui ont démontré la force de la pression populaire sur le cours de la justice. Pour quelles raisons ont-elles fait monter la température de l’opinion, parfois bien longtemps après le procès ? On sait que la justice est rendue au nom du peuple. On ne dit pas assez que c’est un peuple qui veut être entendu et qui demande des comptes s’il estime qu’un accusé a été mal jugé. Le tribunal de l’opinion publique est alors prêt à affronter la Justice… Mais n’est-il pas sujet à manipulation ? C’est tout le problème.
L’analyse des quatre affaires permet de découvrir les enjeux et les dessous des campagnes d’opinion dans le domaine judiciaire… et de faire tomber les mythes.
L’affaire Seznec, jugée il y a un siècle, en 1924, est longuement développée sous cet angle à partir de sources inédites. Avec la volonté de dépassionner les débats, l’auteure apporte un éclairage original sur cette affaire en l’envisageant à partir de la campagne d’opinion de 1931-1932 qui fit d’un procès intéressant une Affaire avec un A majuscule !
Commentaire de l’historien Michel PIERRE sur le livre et en particulier sur le long chapitre Seznec :
En suivant la simple rigueur des faits, Annick Le Douget, qui en connaît les moindres détails, montre et démontre comment fut inventée « l’Affaire Seznec » plusieurs années après un procès parfaitement équitable. Une affaire se résumant à une fable extravagante tissée par un quatuor improbable constitué d’un ancien magistrat relevant de soins psychiatriques, d’un journaliste fascisant en quête d’audience, d’un autre vaguement astrologue mais assurément diffamateur et d’une institutrice quelque peu naïve. À lire et méditer pour se méfier de maux toujours présents mêlant emballement médiatique, vérités malmenées et relents complotistes.