Conférences, salons et dédicaces

 

Prochains salons du livre

Les dates à retenir !

  • Le dimanche 14 octobre 2018, salon du livre de Châteaulin
  • Le 4 novembre 2018, Salon du livre Festiv’Elaïg au Faouët (Morbihan)
  • Le dimanche 18 novembre 2018, Salon du livre de Pluguffan

Conférences et animations prévues au second semestre 2018

Sur le sujet des guérisseurs et sorciers bretons

  • le lundi 24 septembre à  14 heures 30, à l’Espace socio-culturel Ty-Kastelliz de Saint-Pol-de-Léonà l’invitation de l’Association Histoire et Archéologie de Saint-Pol de Léon et sa région, présidée par Jacques Le Bihan que je remercie de m’accueillir.

À partir de 1803, la médecine, la pharmacie ou l’art des accouchements ne peuvent plus être exercés sans diplôme. La médecine populaire passe alors dans la clandestinité. Guérisseurs, rebouteux, sorciers de campagne et autres empiriques se retrouvent au banc des accusés, rejoints par les matrones, ces accoucheuses de campagne, et, un peu plus tard, par les sœurs de charité.

Mais le banc des accusés n’est pas celui de l’infamie, tant s’en faut. La population reste attachée à la médecine populaire, conforme à ses traditions, et elle soutient sans faillir les « praticiens de l’ombre ». D’ailleurs, elle n’a guère le choix, car la campagne de Basse-Bretagne est à peu près un désert médical au 19e siècle !

Les témoignages sur les divers modes traditionnels de soin, extraits des archives judiciaires, défient souvent l’imagination. Mais qu’ils fassent frémir ou qu’ils prêtent à sourire, ils sont tous émouvants, car ils expriment les angoisses de la mort et sont forts des croyances et des espoirs partagés. La maladie n’est jamais éloignée du mauvais sort, et les procès de sorciers au petit pied dévoilent aussi un champ inattendu de pratiques superstitieuses.

Ce cheminement dans le passé sanitaire de notre région, donne à voir la difficile médicalisation des campagnes. Et en laissant la parole aux gens du peuple, l’étude permet, par le biais de la santé et de l’intime, de pénétrer l’univers mental des Bretons et d’affiner nos connaissances sur la vie et la culture de nos aïeux.

  • le samedi 29 septembre à 14 heures 30, Maison des Associations de Quimper, à l’invitation du Centre généalogique du Finistère – Entrée libre dans la limite des places disponibles.
  • le jeudi 22 novembre  à 14 heures 30 , à Ti ar Vro Gwened, 3 rue de la Loi à Vannes, à l’invitation de Dazont ar Glad, en partenariat avec l’Université tous âges de Vannes
  • le lundi 3 décembre à 14 heures, à l’Université du Temps libre à Carhaix

Pour découvrir l’oeuvre artistique du magistrat et peintre  Pierre Cavellat et ses dessins judiciaires,

et pour connaître le fonctionnement de la justice au coeur du 20e siècle, je serai présente le 18 octobre 2018, de 9 heures 30 à 12 heures, au Cinéville de Quimper, à l’invitation de l’Université du Temps libre de cette ville, où je donnerai une conférence intitulée : Le monde de la justice sous le regard de Pierre Cavellat, magistrat et peintre breton (1901-1995).

Peine de mort en Bretagne

  • Le 4 novembre 2018, lors du Salon du livre Festiv’Elaïg au Faouët, au pays de la brigande Marion du Faouët, je présenterai une courte conférence sur la peine de mort en Bretagne aux 19e et 20e siècles… La condamnation à mort de Marie Tromel, dite Marion du Faouët, nous incite à une réflexion sur la peine capitale, sur sa terrifiante réalité et sur les étapes de son abolition, intervenue en 1981. Au 19e siècle, et dans une partie du 20e siècle, la réponse judiciaire à la violence criminelle et à l’insécurité dans les campagnes reste la peine de mort. Les dernières exécutions ont eu lieu en 1951 en Bretagne, où l’on dénombre environ 150 guillotinés entre 1811 et 1951. Comment s’exerçait le pouvoir de prononcer la peine de mort ? Quelles étaient les attentes de la population bretonne ?
  • Le dimanche 2 décembre après-midi, je suis invitée à Morlaix (lieu et heure précisés ultérieurement), à l’initiative de la section de la Ligue des Droits de l’homme, pour animer une conférence sur la peine de mort dans le Finistère. L’événement clôturera le Festival des solidarités du Pays de Morlaix. Rappelons que la ville de Morlaix est engagée en tant que « ville pour la vie, contre la peine de mort », mouvement initié il y a 4 ans par les sections locales de la LDH, l’ACAT et Amnesty International, et qu’elle est inscrite sur le site international « Cities for life ».

Conférences anciennes

Causerie « Faits divers et histoire(s) » 

J’animerai une causerie sur le sujet « Faits divers et histoire(s) », une réflexion sur les liens entre fait divers et polar, une mise en parallèle de la recherche historique sur le fait divers du crime, et l’écriture du roman policier, du polar, dont un crime mystérieux en est souvent la trame. Qu’est-ce qui  rapproche les récits, qu’est-ce qui les différencie ? La réalité face à la fiction ? Ce n’est pas si simple. J’évoquerai ma méthode de recherche et d’écriture à partir des archives criminelles, de mon mode de sélection des affaires, des difficultés que je peux rencontrer.

Conférence sur l’affaire de la poudre Baumol

L’affaire de la poudre Baumol en Bretagne – Genèse d’une catastrophe sanitaire (1951-1959)

En novembre et décembre 1951, suite à un accident de fabrication dans les laboratoires Daney de Bordeaux qui fabriquaient le talc dénommé « Poudre Bamol », de l’arsenic est mêlé à la préparation. 2000 boîtes de cette poudre empoisonnée à haute dose sont livrées essentiellement en Bretagne et en Gironde. Elles se retrouvent aux mains des mamans…. jusqu’à fin octobre 1952, malgré le signalement de trois médecins du Pays bigouden et en dépit des alertes des pharmaciens.

Et le premier bilan dressé fin 1952 est désastreux puisqu’on dénombre en France 506 graves intoxications suivies de 82 décès dont 76 en Bretagne, des bébés en immense majorité, outre des cas de blessures et brûlures plus légères. Après une cascade de non-lieux, la justice ne retiendra finalement que le nombre de 350 victimes, dont 72 décès…

Cette affaire ne doit rien à la fatalité car, ainsi que l’affirmait à l’audience l’avocat de l’Ordre des pharmaciens, « il n’y a pas de fatalité imprévisible en pharmacie, il n’y a que des fautes professionnelles ». Les négligences criminelles du laboratoire et celles du fournisseur de matières premières sont dénoncées, mais l’inertie de l’État, et notamment celle des services sanitaires, est également épinglée : ont-ils cherché à étouffer l’affaire ? Le procès de Cazenave, le gérant du laboratoire, n’a eu lieu à Bordeaux qu’en octobre 1959, sept ans après la révélation des faits : comment expliquer cette durée anormalement longue de l’instruction et que peut-on penser des expertises effectuées ? Peu de familles se sont constituées parties civiles au procès. Pourquoi a-t-on laissé libre champ aux assurances du laboratoire pour régler de la main à la main des indemnités dérisoires aux victimes qui se sont alors trouvées évincées de leurs droits légitimes ?

Autant de questions sur ce drame révoltant qui seront débattues lors de la conférence.

Communication le samedi 9 septembre 2017, de 9h à 11h, à Tréguier au Congrès de la SHAB consacré à la justice en Bretagne :

Le monde de la justice à travers l’art de Pierre Cavellat, magistrat et peintre (1901 – 1995)

Pierre Cavellat, né à Pontrieux en 1901, nommé magistrat en 1929, a atteint en 1956 le plus haut grade de la magistrature comme premier président de cour d’appel. Sa carrière, si l’on excepte de brèves incursions à Angers et Besançon, se déroule dans les tribunaux du ressort de la cour d’appel de Rennes et au siège de la cour d’appel de Caen, et elle s’étend sur quarante années d’exercice, avant qu’il ne fasse valoir ses droits à la retraite en 1969.

Parallèlement à ses lourdes fonctions, Pierre Cavellat dessine, peint, illustre, décore de la céramique, en bref, produit une œuvre artistique très riche dont nous n’explorerons ici que l’une des facettes, celle des scènes de justice. Une bonne part de ses croquis et dessins d’audience se situe dans l’avant-guerre, entre 1930 et 1940, et dans le ressort de la cour d’appel de Rennes.

À la différence d’un dessinateur judiciaire « ordinaire » qui reste un observateur extérieur de la justice, Pierre Cavellat participe à son fonctionnement et restitue les séquences d’un procès avec l’œil du magistrat, dans son champ de vision, avec sa perspective depuis l’estrade. Il n’est pas dans la critique de l’institution Justice dont il est le soldat ni dans la dramatisation de la scène judiciaire. Il est dans une justice sans fard, authentique.

Rien n’échappe au regard acéré du juge-dessinateur qui excelle à dépeindre la scénographie d’une audience pénale, avec ses ombres et lumières, ses atmosphères, les tensions qui s’y nouent. Un aspect inédit de son œuvre est la peinture de la justice civile, comme la représentation des étapes de la procédure de divorce, qui éclaire avec une singulière netteté les liens existant entre les juges et la société au cœur du xxe siècle. L’apparat de la justice et la force du rituel, mis en exergue dans plusieurs tableaux, semblent magnifier le pouvoir judiciaire, dont l’auteur paraît craindre parfois le déclin. En effet, le magistrat Pierre Cavellat a vécu les mutations d’envergure de la justice et du monde judiciaire dans l’après-guerre… que le peintre Pierre Cavellat a su illustrer. Son œuvre revêt en cela un caractère historique.

La violence dans les villages finistériens au 19e siècle. La société rurale face à la justice 

Existe-t-il une violence propre au monde rural finistérien au 19e siècle ? C’est une vaste question et, en nous appuyant sur une importante documentation d’archives judiciaires que l’on mettra en perspective avec les éléments observés dans d’autres campagnes françaises, nous tenterons d’y répondre. Puis nous chercherons à mesurer le niveau de tolérance des Finistériens à l’égard de la violence, avant de nous demander à qui reviennent son contrôle et sa répression. Cette approche particulière devrait alors rendre visible l’action de l’État et de ses magistrats pour imposer progressivement dans les villages la justice « officielle » et la culture judiciaire.
L’analyse des violences commises dans les familles et dans le groupe villageois est donc une manière de pénétrer au coeur de la société rurale finistérienne du 19e siècle afin de lui rendre tout son relief, et l’occasion de proposer une réflexion sur l’évolution de la justice en Bretagne.

La figure du crime en Bretagne

Dans une société où l’ordre est le maître-mot, le criminel est celui qui incarne la noire figure de la violence, du mal, de la monstruosité, du désordre, celui qui, par la transgression de l’interdit, s’est éloigné de notre monde civilisé. Peut-on dresser le profil de ces criminels et de ces criminelles rencontrés dans les dossiers des archives finistériennes du 19e siècle ? Tel sera notre propos…

Les violences faites aux femmes dans la société rurale finistérienne au 19e siècle

On imagine souvent, mais à tort, une société rurale du 19e siècle figée, paisible et bucolique. Comment pouvaient surgir, dans une communauté rurale bien exercée dans l’art de l’entre-surveillance, les violences conjugales et les violences sexuelles faites aux femmes ? La place singulière de l’alcool souvent dénoncée dans ces faits spécifiques mérite certes une attention particulière, mais tel l’arbre qui cache la forêt, ce facteur doit être pris avec précaution ! Ce sujet est l’occasion de se pencher sur le sort – peu enviable – des victimes dans les villages, et d’envisager le regard de la justice sur les infractions qui parvenaient à sa connaissance.

Guérisseuses, sorcières et empoisonneuses finistériennes au 19e siècle : entre fantasmes et réalité judiciaire

Symboliquement, les femmes du monde rural sont investies du pouvoir que leur donne la connaissance des corps, qui s’exerce dans les temps de la maternité, de la maladie ou de la mort.
Les sorcières de campagne se prévalent de dons particuliers, de connaissances empiriques ou de pouvoirs spécifiques pour guérir les hommes, parfois les enrichir ou les rendre puissants, ou simplement pour préserver leur bétail… promesses à la mesure des attentes et des rêves de leurs “clients”. Le personnage de la sorcière, énigmatique, est craint, car l’on ne sait la limite de son pouvoir, magique sûrement, maléfique peut-être. Quant à l’empoisonneuse, elle est la figure distordue du pouvoir féminin, sa part d’ombre : elle sème la mort et la souffrance, suscite l’effroi mais aussi la répulsion, et révèle nombre de fantasmes. Mais la Justice veille… Si les sorcières sont prosaïquement inculpées d’exercice illégal de l’art de la médecine ou de la pharmacie, voire d’escroquerie, les empoisonneuses tombent quant à elles sous le couperet de la loi, accusées d’un crime puni de mort. De la mise en perspective de ces deux personnages, se dévoile un monde de peurs, d’angoisses et d’espoirs, irrationnel à nos yeux mais auquel nous tenterons de donner sens. Le propos sera illustré par de nombreux exemples puisés dans les archives judiciaires finistériennes du 19e siècle.

Les Bretons et la justice aux XIXe et XXe siècles

Cette conférence porte sur les rapports que les Finistériens entretiennent avec la justice au 19e et au début du 20e siècle, et sur quelques particularismes du fonctionnement judiciaire dans notre région.
Existe-t-il une spécificité de la justice rendue en Bretagne ? Si la vie judiciaire est aujourd’hui plus lissée, les archives judiciaires révèlent la méfiance du Breton envers la justice, la part relativement importante de la criminalité féminine, ou encore la spécificité des procès avec interprètes de langue bretonne. Des exemples locaux permettront d’illustrer les rapports des Bretons avec la justice, et aussi de mieux cerner l’attitude des juges face aux actes ou comportements considérés comme hors-normes qui surgissent des dossiers à traiter. Nous en sélectionnerons quelques-uns. Comment juger de la folie criminelle ? Comment endiguer les détonateurs de la violence, comme la surconsommation d’alcool ? Comment juger et sanctionner face au mouvement d’opinion qui agite le spectre de l’erreur judiciaire sur une affaire en cours ? Seront évoqués des procès sortant des sentiers battus, qui ouvrent une fenêtre inédite sur les mentalités du temps.

La criminalité féminine en Bretagne au XIXe siècle

Au-delà de la présentation d’un tableau de la criminalité féminine dans le Finistère, je souhaite donner un éclairage nouveau sur la condition de la femme finistérienne, sa place dans la communauté villageoise et plusieurs aspects de sa vie sociale comme de sa vie privée. Bien évidemment les criminelles ne peuvent être considérées comme représentatives de l’ensemble des femmes, et les archives d’un événement aussi extraordinaire qu’un crime faussent sans aucun doute la banalité de la vie quotidienne de nos aïeux. Mais il faut savoir que la richesse des sources judiciaires (auditions, dépositions des témoins, des voisins, constatations sur le terrain par les juges et les enquêteurs), pour peu que l’on veuille repousser l’aspect monstrueux du crime pour s’attarder plutôt à débusquer la parole populaire, fait alors revivre l’ordinaire d’un groupe donné – famille, village – saisi malgré lui dans la nasse d’un procès. D’autre part, si l’on a la bonne distance pour observer la dynamique d’une affaire, en écartant autant que se peut l’émotion, la compassion comme la haine, en se débarrassant de l’aspect odieux de la criminelle, on réalise que le crime de la femme est souvent le fait d’une rupture entre ses aspirations et un quotidien qui lui était devenu insupportable, et l’on découvre alors lesdites aspirations ainsi que les avatars de son existence quotidienne.

La peine de mort en Bretagne aux XIXe et XXe siècles jusqu’à son abolition

L’histoire de la peine capitale n’est pas celle d’un passé lointain, à preuve, en Bretagne, les dernières exécutions ont eu lieu en 1951, et la dernière peine prononcée – non exécutée – date de 1971. L’analyse de nombreuses affaires criminelles traitées par les cours d’assises bretonnes permet de proposer une réflexion en profondeur sur le châtiment suprême.
Comment s’exerce le pouvoir de prononcer la peine de mort ? En contrepoids de la gravité du crime, la peine capitale est soupesée par les jurés, par les magistrats et par l’autorité publique. Mais pour tels crimes qui nous paraissent d’une gravité identique, la répression est aléatoire ; certains accusés sont condamnés à mort, d’autres, par le jeu des circonstances atténuantes, aux travaux forcés, et d’autres encore sont acquittés ! Mais c’est le fait d’une justice humaine, et cette iniquité fondamentale sera toujours combattue par les abolitionnistes.
Il y a eu environ 150 guillotinés en Bretagne entre 1811 et 1951. En gravissant l’échafaud avec ces hommes et femmes, l’on découvre la terrifiante réalité de l’exécution : le bourreau, la peur, le sang. Si la peine de mort offre en France l’aspect d’une peine religieuse jusqu’aux dernières exécutions, ainsi que le souligne Albert Camus, la permanence de certains comportements d’Ancien Régime est notée en Bretagne au moins jusqu’aux années 1850-1860, notamment une communion entre la foule -on parlerait presque des fidèles – et le criminel, tous priant pour le salut de son âme.
Le peuple est un acteur essentiel de la peine capitale car la justice criminelle est rendue en son nom : il ne veut pas être évincé du spectacle du supplice. Cette attirance morbide des gens ordinaires pour le spectacle de la guillotine – ils étaient souvent des milliers à se précipiter autour d’elle – ne peut être réduite au seul voyeurisme et peut être vue comme un processus d’exorcisation du mal.

La peine capitale est un sujet dur et complexe, révélateur de contradictions, d’impasses et de paradoxes. Mais c’est une réflexion nécessaire pour porter un autre regard sur la violence et le fonctionnement de notre justice aujourd’hui.

Femmes vulnérables, femmes violables ? La communauté rurale finistérienne et le viol au 19e siècle

Comment replacer la criminalité sexuelle sur adultes dans le contexte de violence des rapports sociaux d’un monde rural aux caractéristiques archaïques, tel qu’il était encore au XIXe siècle dans le Finistère ? L’archive judiciaire permet d’éclairer les attitudes et les réactions de la société rurale envers ce crime et… envers les femmes qui en sont victimes.

Langue de justice et langue du justiciable : la justice et les bretonnants dans le Finistère de la Révolution à la fin du XIXe siècle

Dans ma recherche sur la violence en milieu rural dans le Finistère au XIXe siècle, je m’attache à faire revivre l’ordinaire de la population paysanne, celui des sans-voix laissés généralement dans l’ombre. La parole de l’accusé, de sa famille ou du témoin, que je traque dans l’archive judiciaire, est l’étoffe même de ma recherche. Mais subsiste toujours une incertitude, celle de l’authenticité, de la justesse des mots tels qu’ils ont pu être employés et tels que je les retrouve consignés dans les actes de justice et les auditions, préoccupation d’autant plus justifiée que la population rurale finistérienne pratique en grande majorité sa langue bretonne au cours du 19e siècle. Cette parole recueillie sur le gril judiciaire passe finalement au travers d’un double tamis : un tamis social, celui du magistrat ou du greffier transcrivant les auditions, mais ceci est propre à l’ensemble de la justice rendue en France, et un second tamis, celui de la traduction de la langue d’usage en un français obligé. C’est cette réflexion sur la justice française face à la langue bretonne, et sur le Breton bretonnant face à sa justice, que je souhaite vous exposer ici à partir d’éléments glanés lors de mes recherches.