Bibliographie

 

 

2014 – Violence au village. La société rurale finistérienne face à la justice (1815-1914)

Edité par les Presses Universitaires de Rennes, l'ouvrage de 336 pages, issu de la thèse de doctorat de l'auteur, est préfacé par l’historien Frédéric Chauvaud, et contient une postface de Daniel Giraudon.

À travers un grand dix-neuvième siècle (1815-1914), Annick Le Douget plonge dans la violence villageoise du département du Finistère. L’analyse des archives judiciaires révèle la lutte entre le pouvoir de justice « officieuse » de la communauté villageoise, jugé archaïque mais encore bien enraciné localement, et la justice « officielle » d’un État encore balbutiant. Les usages locaux, les mentalités et la pratique de la langue bretonne obstruent-ils l’action de normalisation du droit ?

 

 

2013 – Les jurés d'assises finistériens et le crime de traite des Noirs (1827-1850)

Cet article est une contribution (p. 69-86) à l'ouvrage dirigé par Ronan Le Coadic, sociologue, professeur de culture et langue bretonnes à l'université Rennes II  : De la domination à la reconnaissance. Antilles, Afrique et Bretagne, édité aux Presses Universitaires de Rennes.

La volonté de répression de la traite des Noirs par les autorités françaises s’affirme par la promulgation des lois de 1827 et de 1831 qui font du trafic négrier un crime passible de la cour d’assises. Dans le cadre de cette répression, la cour d’assises du Finistère a reçu compétence pour juger trois équipages négriers en 1830, 1832 et 1850. Pénétrer dans les arcanes procédurales judiciaires qui ont mené ces accusés à Quimper permet de se rendre compte des tergiversations multiples dans l’application des textes. Et comment expliquer la mansuétude des jurés bretons à l’égard de ces accusés qui sortaient du lot ordinaire des criminels ? Les archives judiciaires permettent d’alimenter notre réflexion sur ce point.

 

 

2013 – Une histoire du crime dans le Finistère

Editions Gisserot, Paris

Vengeances des orgueils bafoués, crimes de miséreux, parricides ou bourreaux d’enfants… Des faits de violence secouant la société finistérienne, l’on peut dégager les thèmes universels de la haine, de l’honneur, de la folie, de l’amour contrarié. Mais l’on peut aussi vérifier dans les dossiers d’archives judiciaires l’influence de la misère ou de l’alcool sur le passage à l’acte criminel.

Loin d’être une épopée du crime, cette étude sérieuse et passionnante ouvre une fenêtre inédite sur les mœurs et les mentalités bretonnes au 19e siècle.

Illustrée d’exemples concrets, cette histoire du crime dans le Finistère est attrayante et se lit aisément tout en apportant une réflexion sur la violence et la criminalité au-delà du fait divers.

 

 

2011 – Crime & justice en Bretagne

Editions Coop Breizh, Spézet

De l'affaire Dreyfus à l'affaire Seznec, en passant par les procès de pétroliers ou la prise d'otages de Georges Courtois en plein palais de Nantes, l'histoire de la justice en Bretagne ne manque pas de relief. Les caractères régionaux s'y expriment dans les crimes de sang comme dans la contrebande, les violences agricoles, religieuses ou politiques, les litiges particuliers…

L'auteur, en spécialiste reconnue, fait appel aux archives pour raconter ces destinées illustres ou méconnues, dans un système en perpétuelle évolution de 1800 à nos jours. Sans oublier les bagnes, les prisons, les chroniqueurs judiciaires…

La vie des cours et des prétoires est décrite avec minutie ; de grands personnages ayant servi sous les robes de juges, de procureurs ou d'avocats sont placés en exergue des événements auxquels ils ont prêté leur voix, s'élevant contre la peine de mort, les conditions carcérales, les erreurs judiciaires. Donnant simplement un visage humain à la Justice, quand ce symbole de progrès s'incarne plus souvent en des lieux et des décors empreints d'une intimidante solennité.

Cette large étude, première du genre, est ici servie par une illustration en grande partie inédite et savoureuse.

 

 

2010 – Justice française et langue bretonne. Jurés et accusés monolingues bretons dans le Finistère de la Révolution au Second Empire

Article publié dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXVIII, 2010, p. 201-211.

La mise en place en 1792 d’une ambitieuse démocratie judiciaire, instaurant des jurés de citoyens, élisant des magistrats, se heurte immédiatement à la pratique des langues vernaculaires, et, dans le Finistère, à l’usage de la langue bretonne par la majorité de la population. La problématique est mise en exergue dans un mémoire inédit de l’accusateur public Louis Julien de Roujoux, rédigé en 1795 : le rapport prouve que les premiers jurés monolingues bretons peinent à trouver leur place dans cette nouvelle structure. Quant à l’usage de la langue bretonne dans le prétoire de la cour d’assises du Finistère au 19e siècle, les observations des magistrats qui la président rappellent les difficultés et les risques auxquels la justice est confrontée dans cette situation. Cet aspect linguistique s’inscrit plus généralement dans les résistances culturelles de la population bretonnante au système judiciaire.

 

 

2007 – Justice de sang. La peine de mort en Bretagne aux XIXe et XXe siècles

Édité chez l'auteur, diffusé par Coop Breizh, Spézet

Le condamné à mort est seul au pied de l'échafaud. Son crime était odieux, sa victime a souffert et il est haï de tous. Sa grâce vient d'être rejetée par le chef de l'État. Il attend, la peur au ventre que « justice soit faite », selon la formule consacrée, une justice de sang, celle qui a fait de la guillotine un pilier de l'ordre social et de la civilisation pendant près de deux siècles.

L'histoire de la peine capitale n'est pas celle d'un passé lointain ; si en Bretagne les dernières exécutions ont eu lieu en 1951, chacun sait que la peine de mort n'a disparu de notre code pénal qu'en 1981.

L'auteur, après avoir analysé de nombreuses affaires criminelles traitées par les cours d'assises bretonnes – celles des cinq départements de la Bretagne historique – propose ici une réflexion en profondeur sur cette justice de sang, réflexion adossée à des témoignages inédits, souvent bouleversants et dérangeants, sur le châtiment suprême, véritable somme recueillie pour l'essentiel dans les archives judiciaires, mais aussi dans la presse régionale, dans la chanson populaire ou sur le terrain.

 

 

2003 – Femmes criminelles en Bretagne au XIXe siècle. Tourments, violences et châtiments

Préface de Marylise Lebranchu

Édité chez l'auteur, (épuisé)

Jeannie, Barbe, Marie et les autres… treize criminelles finistériennes parlent, plus de cent ans après leur procès d’assises.

Leurs tragiques destinées, tissées au fil de la violence, de la folie ou du désespoir, font revivre une époque à la fois proche et oubliée, celle de la Bretagne rurale du 19e siècle, et nous apportent un éclairage authentique et inattendu sur la condition des femmes de la campagne. Nous y découvrons leurs espoirs et leurs ambitions, leurs amours et leurs désillusions, leur vie intime et ses éventuelles dérives.

L’étude de ces dossiers d’assises, largement étayée par l’examen de multiples procédures pénales du 19e siècle, révèle en outre les comportements étonnants d’une société rurale confrontée tout autant à la violence criminelle qu’à la crainte de l’impitoyable machine judiciaire.

 

 

2000 – Juges, esclaves et négriers en Basse-Bretagne, 1750-1850. L'émergence de la conscience abolitionniste.

Préface de Kofi Yamgnane

Prix du Salon de Bretagne du Livre d’Histoire, Pontivy 2001

Edité chez l'auteur (Epuisé)

Jean Mor, esclave noir, est pendu à Brest le mardi 29 mai 1764 pour avoir tenté d’empoisonner son maître qui lui refusait la liberté… Ce dossier judiciaire hors du commun est l’occasion de découvrir la vie des Noirs, esclaves ou libres, vivant en métropole au 18e siècle. Un éclairage saisissant qui met en lumière un triste pan de notre histoire et révèle les germes d’un racisme qui ne dira son nom qu’au début du 20e siècle.

Le navire Le Duc de Choiseul, revenant de sa traite négrière, fait naufrage à l’Ile-de-Sein en 1778. Un capitaine fou s’oppose à T.M. Laennec, juge de l’amirauté de Cornouaille. Cet autre dossier exceptionnel nous révèle les propos admirables de ce juge lucide et visionnaire : la traite des Noirs sera un jour crime imprescriptible.

Sans complaisance, suivons la lente évolution des mentalités dans ce petit pays de Basse-Bretagne, parcourons les chemins tortueux qui mènent à l’abolition de la traite des Noirs et de l’esclavage aux 18e et 19e siècle. Ecoutons les témoins de cette époque : juges et marins, hommes politiques et gens d’Eglise, sans oublier les écrivains. 

 

 

1998 – Langolen, chronique d'un village de Basse-Bretagne. Histoire, mentalités, traditions

Edité chez l'auteur (Epuisé)

C'est à travers l'histoire de Langolen, petite communauté rurale du Pays de Briec (Finistère), que l'auteur s'attache à sortir de l'oubli un monde disparu, à révéler l'image représentative d'une localité rurale de Basse-Bretagne. Un travail de recherche nourri d'emprunts à de nombreux documents d'archives et étayé par l'écoute attentive des derniers témoins d'une époque récemment révolue permet de brosser le tableau riche et complexe d'un village et de ses habitants.