Vient de paraître…

Deux empoisonneuses bordelaises. Henriette Canaby et Thérèse Desqueyroux

Éditions La Geste, octobre 2020, 288 pages, en vente dans toutes les librairies et chez l’éditeur au prix de 18€

Mon douzième livre vient de paraître cet automne chez La Geste Éditions ! Habituellement ancrée à ma Bretagne, je tente, avec ce nouveau titre, une incursion dans la région de Bordeaux. Mais c’est pour la bonne cause puisqu’il s’agit d’analyser une affaire d’empoisonnement exceptionnelle, et, par ce biais, de croiser les destins de Blanche Henriette Canaby et de son ombre fameuse Thérèse Desqueyroux…

Le procès de Blanche Henriette Canaby, dite Henriette Canaby, a passionné la France en 1906. C’était une « belle affaire », selon l’expression classique employée, qui mettait en scène à Bordeaux, devant la cour d’assises de la Gironde, une bourgeoise accusée d’avoir voulu empoisonner son mari, et accessoirement d’avoir fabriqué et utilisé de fausses ordonnances pour acquérir des substances toxiques. Scandale, amour, poison, mystère, tous les ingrédients étaient là pour affoler le public ! Belle affaire donc, mais nébuleuse, du fait de la personnalité de l’accusée, de ses déclarations tortueuses, et de sa protection par son réseau familial. Par un verdict indulgent, elle était finalement acquittée du chef de l’empoisonnement, et condamnée à une courte peine d’emprisonnement pour les faux. 

Son souvenir est resté dans tous les esprits puisqu’elle fut l’inspiratrice de François Mauriac pour créer son personnage de Thérèse Desqueyroux, héroïne du roman éponyme paru en 1927 et connu de tous. De nombreux écrits existent sur le procès Canaby… et bien plus encore sur le personnage de Thérèse Desqueyroux… Les fantasmes du temps et l’imaginaire se sont plaqués sur la figure de la criminelle, et je tente d’en dégager la réalité de la femme et de ses actes. 

J’ai donc entrepris dans ces pages une approche croisée de l’affaire, d’une part, par le dossier judiciaire Canaby consulté aux Archives départementales de la Gironde, d’autre part, par la presse, et enfin, par les écrits ou interviews de François Mauriac sur son rapport avec son personnage Thérèse Desqueyroux. J’ai voulu confronter les vies de ces deux femmes, celle de chair et de sang, et celle façonnée par le romancier. Au vu des pièces de procédure, j’exhume les faits reprochés à Henriette Canaby et scrute avec acuité sa personnalité, ses failles aussi. Passant de l’autre côté du miroir, j’éclaire la façon dont François Mauriac a perçu les enjeux du vrai procès, et, au-delà, sa vision du monde judiciaire et de la société à l’épreuve de la violence… et des passions qui la sous-tendent.

Bonne lecture à vous !