Conférence, Le Quartier, Centre d’art contemporain de Quimper

Du 1er février au 18 2014, Le Quartier, Centre d’art contemorain de Quimper, organise une exposition collective intitulée « L’heure des sorcières, Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer. »

C’est dans ce cadre que, le jeudi 13 février 2014, je suis invitée à donner une conférence dont voici la présentation « officielle » sur le site internet du Quartier.

JEUDI 13 FÉVRIER 2014 À 18H30
“SORCIÈRES” ET EMPOISONNEUSES FINISTÉRIENNES AU XIXE SIÈCLE
“Sorcières” et empoisonneuses finistériennes au XIXe siècle : entre fantasmes et réalité judiciaire 
Par Annick Le Douget

Symboliquement, les femmes du monde rural sont investies du pouvoir que leur donne la connaissance des corps, qui s’exerce dans les temps de la maternité, de la maladie ou de la mort. 

Les sorcières de campagne se prévalent de dons particuliers, de connaissances empiriques ou de pouvoirs spécifiques pour guérir les hommes, parfois les enrichir ou les rendre puissants, ou simplement pour préserver leur bétail… promesses à la mesure des attentes et des rêves de leurs “clients”. Le personnage de la sorcière, énigmatique, est craint, car l’on ne sait la limite de son pouvoir, magique sûrement, maléfique peut-être. Quant à l’empoisonneuse, elle est la figure distordue du pouvoir féminin, sa part d’ombre : elle sème la mort et la souffrance, suscite l’effroi mais aussi la répulsion, et révèle nombre de fantasmes. 

Mais la Justice veille… Si les sorcières sont prosaïquement inculpées d’exercice illégal de l’art de la médecine ou de la pharmacie, voire d’escroquerie, les empoisonneuses tombent quant à elles sous le couperet de la loi, accusées d’un crime puni de mort. 

De la mise en perspective de ces deux personnages, se dévoile un monde de peurs, d’angoisses et d’espoirs, irrationnel à nos yeux mais auquel nous tenterons de donner sens. Le propos sera illustré par de nombreux exemples puisés dans les archives judiciaires finistériennes du XIXe siècle. 

Docteur en celtique, Annick Le Douget, greffière, est chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique de Brest (CRBC). Elle est l’auteur de nombreux ouvrages sur le thème de la criminalité, de la violence et de la justice en Bretagne.